
7ème anniversaire de la disparition de Ali Sedki Azayku
A l'occasion du septième anniversaire de la disparition de Ali Sedki Azayku, Amazighnews.net tient à rendre hommage à l' historien, poète et au 1er détenu politique de la cause amazighe. "Dda Ali" nous a quitté le 10 septembre 2004 à l'âge de 62 ans.
Qui était Ali Sedki Azayku* ?
Ali Sedki Azayku est né en 1942, ses parents sont originaires de la tribu des Izyouka d'où son surnom. Il fait ses premières études à l'école française du village de Tafengoult près de Taroudant, puis dans la ville de Marrakech. Il fréquente ensuite l'Ecole régionale des instituteurs dans la même ville où il commence à prendre conscience de son identité berbère. A la rentée scolaire de 1962, il commence sa carrière d'instituteur à Imi n-Tanout.
En 1968, il décroche la licence en histoire-géographie à Rabat et participe avec un noyau de militants berbères à la création de l'AMREC (Association marocaine pour la recherche et l'échange culturel). Cinq ans plus tard, il publie des articles dans la Revue Al-Kalima autour de l’histoire du Maroc et l’importance de la dimension amazighe. Il se place alors comme défenseur de l’amazighité dans un échange houleux avec d’autres auteurs hostiles.
En 1981, un événement va bouleverser le destin d’Azayku. Dans la revue Amazigh, fondée par Aherdane, il publie dans son seul numéro en arabe (les premiers sont publiés en français), un article invitant à redéfinir les concepts de la culture nationale. L'article invite à repenser l’histoire du Maroc et mettre en valeur son amazighité. L'auteur se retrouve emprisonné pendant un an. Cette arrestation inédite marque un tournant vers une prise de conscience dans les milieux militants amazighs. Privé de son passeport, Azayku doit renoncer à finir ses études en France après avoir assisté aux cours de Lionel Galland et s'être enregistré pour une thèse en histoire sous la direction de Mohamed Arkoun. L'historien trouve une issue plus favorable dans l’écriture en amazighe.
Deux recueils paraissent successivement « Timitar » (Signes ) et « Izmoulen » (cicatrices ), chacun représente une période dans le parcours de l’auteur. Azayku est considéré comme le rénovateur de la poésie amazighe au niveau de la forme et du fond. Ses poèmes sont interprétés par le chanteur Ammouri Mbark. L'homme a aussi publié des recherches importantes sur l’histoire du Maroc dans un ouvrage intitulé « Histoire du Maroc, les interprétations possibles » et d’autres publications. Après la création de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) en 2001, Azayku y siège au Conseil d'administration (CA) et en tant que chercheur au Centre d’Etudes historiques.
Ali Sidki Azayku meurt en septembre 2004 à soixante-deux ans.
* Biographie par Asays
Poème de Anir en Hommage à Dda Ali Azayku (Tarzzift i yiman n Dda Ali Azayku)
Ur mmutgh
Ur mmutgh
Ur mmuddigh
... macc ur ad d-urrigh
Usigh urd imik
Yuti-yyi mad usigh
Asi-yat gi-s imik
A ur imil nsslkm-t
gigh taghlaghalt ar zziwizgh
Ifssi n iDrDar
Zziwzgh tadjart-inu : tudert
TirZig-iyyi tinu
Lligh yad nZu, nachki-d
Nachki-d, nZu dagh
Flgh-tt, inigh-as
Ur mmutgh
Ur mmuddigh
Macc ur ad d-urrigh








Vos réactions (3)
Dédié à Tilila et Ziri,enfants de feu Ali Sidqi Azaykou
Les astres sont témoins des nuits obscures
La lune se fait rare au seuil des cieux
Mon dieu!Me dis-je;elle part à l'aventure
Me lâchant à mon insu sur les lieux !
Jamais la terre ne se verra en crues
Les cieux balancent au silence le refus
Des sillons,ils ont opérés
A même d'assoiffés prés
Pourquoi me trahit la parole quand je dis
N'avoir nulle récolte sur la terre d'autrui ?
Mon oeil ne tarit quère et j'ai reconnu l'indice
Le lieu du guet s'est écroulé en délabré édifice
L'eau depuis lontemps manque et les gens
Ne font plus qu'épier de près d'autres gens
Moi,mordu par le céraste,je ne le serai jamais
Son poison en coeur sève de vie,il a entamée
Si elle ne se dresse sur sa racine;existe-t-elle, la fleur?
S'il se lève le soleil sur les chemins cache les hauteurs
Nous sommes loin des lumières d'antant
Pourquoi me fait défaut la parole quand je dis
Moissonnons allons glanons de notre champ
Le Bien même sans y avoir remis de semis ?
NB: Poème extrait du recueil"Timitar"(Signes) de feu Ali Sidqi Azaykou
Traduction de tamazighte(berbère) par Farid Mohamed Zalhoud Amedyaz
Tanmmirt
Ayyuz
Righ ad kwn snimmrgh s yan usughl lli skrgh s tfransist i yat tmdyazt n igllin n Dadda Ali Azayku
Gwmatun farid mohamed zalhoud
Ombres
Dédié à Tilila et Ziri,enfants de feu Ali Sidqi Azaykou
Les astres sont témoins des nuits obscures
La lune se fait rare au seuil des cieux
Mon dieu!Me dis-je;elle part à l'aventure
Me lâchant à mon insu sur les lieux !
Jamais la terre ne se verra en crues
Les cieux balancent au silence le refus
Des sillons,ils ont opérés
A même d'assoiffés prés
Pourquoi me trahit la parole quand je dis
N'avoir nulle récolte sur la terre d'autrui ?
Mon oeil ne tarit quère et j'ai reconnu l'indice
Le lieu du guet s'est écroulé en délabré édifice
L'eau depuis lontemps manque et les gens
Ne font plus qu'épier de près d'autres gens
Moi,mordu par le céraste,je ne le serai jamais
Son poison en coeur sève de vie,il a entamée
Si elle ne se dresse sur sa racine;existe-t-elle, la fleur?
S'il se lève le soleil sur les chemins cache les hauteurs
Nous sommes loin des lumières d'antant
Pourquoi me fait défaut la parole quand je dis
Moissonnons allons glanons de notre champ
Le Bien même sans y avoir remis de semis ?
NB: Poème extrait du recueil"Timitar"(Signes) de feu Ali Sidqi Azaykou
Traduction de tamazighte(berbère) par Farid Mohamed Zalhoud Amedyaz