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Jeudi 17 Mai 12

Les actes de la conférence débat sur le printemps amazigh à Roubaix - Origines du mouvement amazigh en France

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Écrit par Med Ouramdane Khacer   
Index de l'article
Les actes de la conférence débat sur le printemps amazigh à Roubaix
Quelques repères historiques
Les apports et l'identité
La question amazighe dans l'algérie indépendante
Origines du mouvement amazigh en France
Origine du Printemps Amazigh
Le mouvement des citoyens « Les Archs »
Des progrés en Algérie et au Maroc et la lutte continue
Conclusion

Ouramdane KhacerMalgré des tentatives isolées de défense de la langue amazighe en Algérie notamment par des pétitions, malgré la création de comités de soutien en faveur de l’enseignement de la langue amazighe (CRAPE-F.D.B-CCB de Ben Aknoun-RTA  cours de Berbère à la faculté d’Alger dispensés par feu Mouloud Mammeri…). Le pourvoir en place avec sa répression farouche et sans concession a empêché  toutes ces initiatives, elles se sont alors déplacées dans l’émigration où le terrain semblait être plus favorable.

C’est ainsi que l’année 1966 a vu la création de l’Académie Berbère « Agraw Imazighen » qui sera dissoute en 1978.

Cette association française régie par la Loi 1901 fût fondée par quelques intellectuels Franco Kabyles dont Rahmani Abdelkader, Hanouz Med Saïd,  Naroun Amar, Khelifati Med Amokrane, Marguerite Taous Amrouche…

A partir des années 1969/75, le bureau de cette académie comprenait : Un Président : Hanouz Med Saïd, pharmacien, un Vice-président : Youssef Achour, Ancien Sous-préfet et Sénateur, un Secrétaire Général : Hamici Hamid, animateur de la chaîne de radio kabyle, une Trésorière Mme Mina Charlette. Bessaoud Med Arab assurait les fonctions de secrétaire de l’association où il a élu domicile au 5 rue d’Uzès.

L’Académie berbère avait été durant une dizaine d’années le rendez-vous de toute une génération de militants amazighs mobilisés pour la défense et la réhabilitation de l’identité amazighe dans les pays de d’Amazighie* (Afrique du Nord).

La vulgarisation de l’histoire amazighe, la réhabilitation de l’alphabet amazigh Tifinagh, la sensibilisation et la conscientisation des populations ont été principalement l’œuvre de l’Académie Berbère « Agraw Imazighen » de Paris, de l’Académie Berbère de Roubaix fondée par moi-même en 1971 ainsi que de l’Union du Peuple Amazigh (UPA) fondée en 1974 par le regretté Amar Neggadi (dit Amar Achaoui).

En Algérie, le comité de conception général animé par le regretté  Haroun Mohamed, grand militant de l’amazighitude a pris le relai de l’Académie berbère « Agraw Imazighen ».

En revalorisant l’alphabet Tifinagh, l’académie berbère a redonné la fierté à tous les Amazighs d’Afrique du Nord et des Iles Canaries. Toutes les générations qui ont suivi le Printemps amazigh de 1980 lui doivent leur conscientisation politique et identitaire.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que cette Académie a rempli sa mission avec succès. Face aux menaces et aux pressions incessantes sur l’immigration algérienne par l’Amicale des Algériens en Europe, cordon ombilicale du néo FLN, les militants de  l’Académie ont accompli avec courage et acharnement leur tâche. Aujourd’hui l’alphabet Tifinagh est officiellement utilisé dans les écoles pour l'enseignement de la langue amazighe au Maroc.

Grâce à ce travail militant désintéressé, les Amazighs se sont réappropriés leur mémoire et leur identité commune qui s'étend de l'Egypte aux Iles Canaries, du nord de l’Algérie au sud du Niger. Citation à méditer !



Quand trop de sécheresse brule les cœurs,
Quand la faim tord trop d’entrailles
Quand on rentre trop de larmes,
Quand on bâillonne trop de rêves,
C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bucher
A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave
Pour faire dans le ciel de dieu et dans le cœur des hommes
Le plus énorme incendie
Mouloud Mammeri



 

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