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Jeudi 17 Mai 12

Une nouvelle interdiction de noms amazighs au Maroc

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Écrit par Hassan Oumada   

SifawDans un nouveau Maroc où on chante démocratie et liberté sur tous les toits, une nouvelle affaire vient de nous  rappeler que les choses ne sont pas si roses que ça, et tous les discours d’ouverture, qu’on nous a fait ingurgité depuis quelque temps, ne sont qu’un écran de fumée qui sert à masquer une réalité dont le scénario est écrit par l’injustice et le héro un peuple dépourvu de son droit à l’existence.

Mr Toughzaoui Hassan est un jeune immigré marocain en France, comme plein de milliers d’autres de ses compatriotes. Cet homme originaire de la vallée du Dadès, une région ancrée dans les montagnes du Sud-Est marocain, attaché à son identité et ses racines amazighs, vient d’être victime d’une affaire de discrimination le 25 février dernier dans les locaux du Consulat général du Maroc à Rennes. Mr Toughzaoui s’est vu refusé la demande d’inscription du nom «SIFAW» de son nouveau-né dans les registres d’état civil, sous prétexte que ce nom ne figure pas sur la célèbre liste du ministère de l’intérieur marocain. Cette liste, il faut le signaler, a été établis au temps du fameux ministre de l’intérieur marocain Idriss Elbasri. Elle avait pour objectif d’assurer que les noms donnés aux nouveau-nés respectent, selon eux, l’identité marocaine, bien sûr arabe selon eux, dans la  négation totale de la composante amazigh de cette identité. Une liste qui n’était que l’un des outils mises en œuvre  par l’Etat marocain pour assurer le bon déroulement de la politique de l’assimilation et de l’abattage culturel des amazighs.

Il faut signaler que pour donner un nom amazigh à son enfant au Maroc, il faut adresser une demande argumentée au ministère de l’intérieur pour aspirer à l’obtention d’une autorisation spéciale afin de pouvoir donner le nom qu’on a choisie à son enfant, surtout quand il s’agit des noms à connotation amazigh. Une bien triste réalité dans un pays qui ne cesse de chanter démocratie, liberté et droits de l’hommes.

Ce refus conforte, encore une autre fois, l’idée que les amazighs du Maroc comme leurs frères partout en Afrique du nord, sont toujours sujet de discrimination liée à leur langue et à leur culture: commençant par le changement des noms des villages, des villes, des rues, et des établissements scolaires (nous rappelons le fameux communiqué ministériel qui avait pour but de changer les noms des établissements scolaires dans la région de Tiznite au sud marocain) en passant par l’arabisation des noms des personnes. Etc.

Cette affaire ne fait que nous rappeler que le chemin vers la dignité et la justice est encore long. Et le peuple amazigh doit, plus que jamais, revendiquer son droit à l’existence et à la réappropriation de son histoire, la vraie.

Pour tous renseignement vous pouvez contacter l’intéressé : Mr Hassan Toughzaoui sur son mail : tafrguant@hotmail.fr

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