Les Amazighs réveillez-vous: Abbas El Fassi devant vous

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Écrit par Amazigh   
Image Le 7 septembre 2007 peut être gravée comme date historique dans l'histoire de la vie politique marocaine. Pour la première fois, depuis l'indépendance du Maroc en 1956, les élections législatives se sont déroulées dans des conditions jugées relativement démocratiques. 


Le taux d'abstention qui dépasse, selon les statistiques officielles, 63% confirme incontestablement la position négative des Marocains vis á vis de l'utilité de la participation á la vie politique au Maroc.

De leur part les différentes composantes du mouvement amazigh ont exprimé leur position par rapport á ces échéances électorales. Á l'exception, de l'AMREC qui a appelé á la pratique d'un vote de sanction contre les partis anti-amazigh, les autres ont rendu public des communiqués invitant á boycotter les élections législatives qui se déroulent dans une atmosphère non démocratique et encadrée par une constitution qui ne reconnaît pas l'amazighité du Maroc. Mais quelques soient les prises de positions exprimées par le mouvement amazigh, et malgré le taux d'abstention élevé les résultats finales ont donné la majorité parlementaire au Parti de l'Istiqlal, le parti "nationaliste" fondé depuis 1944. De même le Roi a désigné Abbas El Fassi, comme premier ministre. Il est le secrétaire générale du Parti et gendre du leader "nationaliste", Allal Elfassi, fondateur du Parti.

  L'arrivée du Parti de l'Istiqlal à la tête des élections et la désignation d'Abbas El Fassi comme premier ministre mettent le mouvement amazigh dans l'impasse. Ce parti représente dans l'histoire du Maroc le salafisme, le panarabisme et l'anti-amazigh. Aussi ce Parti est lié, dans l'imaginaire collectif amazigh á l'élite fassie qui domine le Maroc et qui a toujours marginalisé les Amazighs et leur langue. Dans ce sens la victoire de ce parti pose au mouvement amazigh plusieurs questions :

   1- le Parti de l'Istiqlal va-t-il bloquer toute initiative en faveur de l'amazighité?
   2- l'enseignement de tamazight atteindra-il ses objectifs avec le parti de l'Istiqlal ?
   3- La chaîne amazighe verra-t-elle le jour ?
   4- Les familles auront-ils le droit de donner des prénoms amazighs á leurs progénitures ?
   5 - La terre amazigh conserva-elle ses toponymes amazighs.
   6 -Avec Abbas El Fassi, tamazight sera-elle langue officielle ?

    Certainement tous les maux que tamazight à subit sont dus essentiellement aux origines idéologiques de ce Parti et aux positions politiques amazighophobes de ses leaders. Depuis la période de la lutte pour l'indépendance du Maroc, le clivage arabo-berbère s'imposait au sein de ce Parti. Son élite, qui revendiquait toujours l'origine andalouse et chérifienne considérait que le pouvoir ne peut être qu'entre leur main. De ce fait, ils n'accepterons jamais que l'amazighité prospère en leur présence (Voir l´ouvrage en arabe " Alhajarat al-andalusia fi almaghrib, Univ Mohammed V- Rabat). La vision méfiante de ce Parti face aux positions radicales du mouvement de libération nationale, composé essentiellement des Amazighs, confirme ce clivage qui va jusqu'á la liquidation physique des Amazighs opposants á ce Parti, l'implication du Parti de l'Istiqlal dans l'assassinat d'Abbas Elmsaâdi n'est pas á négliger. C'est la même élite qui a interprété le Dahir de 16 mai 1930 pour qu'il soit nommé Dahir berbère dans le but de l'exploiter au service de leurs fins idéologiques et en même temps dans le but de l'utiliser contre toute revendication d'une reconnaissance de l'amazighité du Maroc. Selon des acteurs encore vivant, la session de l' UNFP (Union national des forces populaires) et après la création de l'USFP (Union socialiste des forces populaires) étaient pour les Amazighs de Sous une façon d'exprimer leur colère contre le Parti de l'Istiqlal mais, malheureusement, les partis choisis comme alternative sont aussi panarabistes. Pour les Amazighs du Moyen Atlas, et pour exprimer la même position ont opté pour soutenir le mouvement d'Aherdan tandis que Addi u Bihi, dans le sud-est marocain a préféré la rébellion.

Ce qui a poussé Mahdi Ben Berka á qualifier les Amazighs comme des traîtres. Les générations du Maroc indépendant ne peuvent pas oublier la politique d'arabisation menée notamment par le ministre istiqlalien Azzeddin El Iraki. En 1981, après le vote favorable du Parlement marocain, sous l'impulsion du Roi Hassan II, pour la création d'un institut académique pour la recherche amazigh, un dirigeant du Parti de l'Istiqlal n'a pas caché son mécontentement en déclarant " Ca sera la honte pour l'Istiqlal si cet institut voit le jour". Et même l'arrestation de Ali Sidki Azayku n'a été, selon quelques observateurs qu'un règlement de compte et une vengeance de ce parti qui voyait avec un mauvais oeil la publication de la revue "Amazigh". Aprés l'émergence du mouvement amazigh, le Parti de l'Istiqlal demeure le premier ennemi. Son leader, qui est actuellement premier ministre, á été opposant de l'enseignement de tamazight pour tous les Marocains. De même, il a exprimé á plusieurs reprises son refus d'une reconnaissance constitutionnelle de tamazight comme langue officielle.

  Ce longue parcours du Parti de l'Istiqlal dans le domaine de l'amazighophobie et la désignation de son secrétaire générale, Abbas El Fassi comme premier ministre rendent la tâche du mouvement amazigh plus difficile. Certes, toutes les dernières décisions prises en faveur de l'amazighité ont été décidées en dehors des cercles du gouvernement. C'était des initiatives purement royales. Depuis son intronisation le roi Mohammed VI a fait intégrer la question amazighe dans son domaine privé. Il ne cesse pas de rappeler que l'amazighité est une responsabilité nationale et constitue la composante importante de l'identité marocaine. Il a même assumé publiquement sa moitié amazighe. Lors de la cérémonie d'Ajdir en 2001 il a imposé á toutes les composantes de la société marocaine, y compris les leaders du Partis de l'Isiqlal á assister á la mise du seau créant l'Institut royal pour la culture amazighe.  Et depuis la revendication amazighe fait parti des préoccupations royales. Elle bénéficie du même statut comme la question des droits des femmes, les anciens prisonniers politique ou la question du Sahara. Ce statut peut-il rassurer les acteurs du mouvement amazigh en attendant une stratégie claire pour faire face á un gouvernement présidé par Abbas El Fassi.

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